Thulemin ~ Entre deux âmes

12 avril 2008

Songkran

         Bonne Annee !! Et oui, on passe en ce moment meme en 2552. C'est mon 3e nouvel an en exactement 6 mois. Qui dit mieux ?

C'est donc le nouvel an bouddhiste, celebre en Thailande, en Birmanie, au Cambodge et au Laos en particulier. A l'origine, c'est une fete toute bien ordonnee, basee sur le calendrier lunaire. On nettoyait les statues des temples et des maisons, on versait un peu d'eau parfumee sur nos proches pour les benir, il y avait des processions et des jeux.

Maintenant... Oh, tout le cote traditionnel existe toujours. Oui, oui. Faut juste ne pas l'oublier, quand on est occupe a se cacher derriere une voiture pour eviter le gars avec son pistolet de l'autre cote de la rue. Ou l'autre qui courre vers toi avec ses peintures de guerre sur la figure. Les gens hurlent un peu partout dans la rue. Les policiers sont devenus invisibles, l'ordre a disparu. Les passants ouvrent meme les portieres des voitures pour attaquer les conducteurs. C'est une vraie guerre...

La meilleure de toute. Du 12 au 15 avril, les 4 pays sont transformes en une gigantesque bataille. D'eau. Il est totalement impossible de ne pas etre trempe pendant le Songkran Festival. Et je me pese mes mots. A moins bien sur que vous ne sortiez pas du tout de chez vous.

Evidemment, moi, je suis sortie. On a achete deux seaux d'eau avec un Allemand et on est alle aux douves qui entourent la ville. Elles forment un carre de 8km autour de la ville et la route qui les longe etait totalement, totalement bouchee. Les gens prennent leur pick-up, installent une immense bassine a l'arriere et la famille y pioche l'eau avec des seaux, des pistolets, des ecuelles et la jette sur tout ce qui bouge.

Je me suis pris des seaux de 10L sur la figure. Le pire, c'est quand ils rajoutent des blocs de glace dans leur bassine et qu'ils la laissent fondre. L'eau est a moins de 5 degres et ca te gele sur place. En moins de 5min au bord des douves, tu es a essorer. Litteralement. J'ai passe 4h avec mon pantalon qui trainait par terre, a cause du poids de l'eau, puisant de l'eau dans les douves et la jetant a la tete de tous les Thais de passage.

On connait personne et on s'en fout. Tu les douches, tu fais un grand sourire et tu dis "bonne annee" et tu t'enfuis en courant parce que t'as vu que lui il avait de la glace dans sa bassine, et un sourire sadique. Parfois, y'en a qui te collent de la poudre de racine sur la figure, comme pour les enfants de Birmanie.

Et puis certains t'offrent un coca ou te font monter dans leur pick-up et tu peux asperger les gens d'en haut. Et tu t'eclates. Et meme qu'a 5h du soir, tu commences a avoir froid. Et c'est delirant, parce qu'il fait 35 degres au moins. T'as meme pas choppe de coups de soleil, t'as mal aux joues d'avoir rigole.

Et quand tu t'asseois a la GH a 18h30, t'es sur le bord de t'endormir tellement t'es claque. Nan, Felix (mon Allemand), j'ai pas la force d'aller manger. Okay, ok, je te suis...

Dodo a 20h ^^ Pathetique.

Et cet aprem, je relance ca. Avec Aom et Aimmy, mes deux amies Thaies. Rdv a 13h. Et c'est comme ca pendant 4 jours :)

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30 octobre 2007

He bien, hier, c'etait "sumba". C'est un verbe special pour dire "on fait rien parce qu'il pleut". Je trippe sur ce verbe, qu'ils en aient un pour dire ca... J'avoue qu'il a plu pratiquement non stop pendant 36h (2 nuits et la journee) donc c'est dur d'etre productif. La temperature est enfin raisonnable (limite a 18h j'avais trop froid) mais c'est pas motivant pour sortir de chez soi. Apres le repas de midi au warung, je suis allee zoner sur internet pendant une coupe d'heures. Et detour chez Mazlam apres, ou Iwan et Aril regardaient un film (pendant que le proprietaire des lieux dormait). Sumba, on vous a dit ^^

J'ai branche mon lecteur mp3 et le son des binious a resonne sur toute la riviere ^^ Avec Aril qui a decide de sortir sa planche : Iwan conduit le bateau et Aril surfe comme du ski nautique mais sur sa planche... Y'a eu quelques gamelles, mais moi j'ai pas essaye lol. Je suis restee au sec. Plonger tout habille c'est amusant quand il fait chaud. Mais quand il fait froid... (ok, j'ai froid a 23 degres...) Et je suis pas capable de tenir debout sur une planche ^^

Je sais meme pas a quoi on a passe nos heures du coucher du soleil. On a mange des nouilles le soir vers 20h... Mais sinon... Iwan etait parti mais Franck (dans les 45 ans je dirai), Jack et Ophelie (dans les 25 ans) sont venus squatter a la maison. On a regarde Bordertown (avec J.Lo et meme que c'etait full bien...) et Freedom writers (a regarder aussi !!), pendant que 3 bieres apparaissaient et disparaissaient successivement de mes mains, mysterieusement. Je crois que c'est Mazlam qui est alle faire des provisions au village ("kampung").

Chez lui, c'est kampung style. On mange assis sur le plancher, avec les doigts. On accroche le hamac sur la terrasse et on utilise les serviettes comme parapluie. Le soir, quand tu as un peu trop bu, tu pries de pas tomber du chemin de planches (il fait 60cm de large sur 50m de long, avec des planches jamais au meme niveau, et ca tangue un peu des fois), surtout que sans lumiere tu vois pas ou tu mets le pied. Alors, habituation d'yeux a l'obscurite... Ok, je vois a peu pres le pont... Mais dans le meme temps, ils ont du materiel de fou que meme nous on a pas. Faut voir l'appareil photo d'Aril, avec 3 objectifs differents, des filtres, des trucs et machins (ok, il est freelancer a KL pendant le reste de l'annee) et le systeme audio qui entoure le Mac quand on regarde un film. Les enceintes doivent faire un metre de haut. Dans une bicoque en bois sur pilotis au-dessus de la riviere. Moi ca me fait tripper ^^;

A 2h30, les gars ont decide qu'ils avaient faim. Alors on est monte a 5 dans la voiture de Franck pour trouver le dernier warung ouvert, a 6km de la. Maintenant je peux dire que j'ai mange de la soupe avec des morceaux de queue de vache. Si, si... Mais les pieds de poules j'arrive pas, faudrait que j'arrete de penser a ce que c'est... Je me suis remise a apprendre le Bahasa (la langue) et Jack et Mazlam m'aident avec de nouveaux mots. Et maintenant je m'appelle Aisha. Plus facile que Gaelle, lol. Sauf que moi, ca me met la chanson de Khaled en tete a chaque fois ^^; Avec Ophelie on a trippe sur ca. Et aussi, "gauche" ca se dit "kiri" alors on s'est lance dans le "kiri-kiri, kiriiiiiiiiiii" de la pub. Evidemment on etait les seuls a comprendre ^^

Today, si les vents arrivent en fin d'aprem, c'est surfing lesson. Si les vagues arrivent...

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13 octobre 2007

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11 septembre 2007

Pour quand j'aurai pas le moral

Le roi des démons, hum ? Il est trop cute...

Guizmo

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08 septembre 2007

Asie, quand tu nous tiens...

        Voilà... On est samedi soir. Mercredi midi, mon avion décolle. Combien de mois loin de chez moi ? Je n'en sais rien. A l'origine, je partais pour 10 mois... Mais ça sera plus court si ma motivation flanche ou si mon compte en banque se vide plus vite que prévu. Ca peut aussi être bien plus long si je décide de chercher un travail au Japon et d'ajouter une autre touche internationale à mon CV. Parce que non, je ne viens toujours pas chercher un mari ;)

    Afin de suivre mes aventures pendant ce "temps plus ou moins long", voilà un nouveau blog :

http://thulemin-en-asie.over-blog.com


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Etats d'esprit

        Bon, j'ai manqué de motivation pour me mettre devant mon clavier et réussir à trouver les mots, pour décrire comme il le faudrait une superbe semaine à la yourte (mais l'album photo est là !!)... J'ai totalement lâché prise et me suis rendue compte à quel point on pouvait être libre. Les barrières qu'on a, c'est nous. Depuis cette semaine-là, je ne sais toujours pas ce que je vais faire de ma vie mais je n'ai plus peur. Je suis totalement en confiance, j'ai l'impression que des portes vont s'ouvrir devant moi et que je saurai les voir. Si je dois reprendre mes études, je le saurai. Si je dois finir dans une yourte à cultiver mon jardin en presque autonomie, je le ferai. (Si je dois me marier avec un japonais, je ferai en sorte que tu perdes ton pari, par contre ^^). J'ai l'impression d'être libre, que tout est simple. Tout va de soi... Et cette liberté que j'ai dans la tête, je crois que c'est parce que j'ai lâché les amarres. Je m'en vais, je laisse mes attaches terrestres derrière moi. J'ai ma maison sur mon dos, mes pieds pour avancer et mes yeux pour découvrir la vie.
        Tout ce qui va arriver, que ça soit considéré comme une "bonne" ou "mauvaise" expérience, ça va juste être une leçon. Je vais apprendre de tout ce que je vais voir. Je vois la vie comme un jeu... Quelque chose n'est pas à mon goût ? C'est pas grave, ça va bientôt passer :) J'ai loupé quelque chose, je me suis trompé de chemin pendant 2 ans ? Tant pis, play again, on tente de nouveau. Rien ne vaut la peine qu'on se prenne la tête, faut rire de tout parce que rien n'est jamais figé et qu'on est là pour apprendre. Si on savait déjà tout, on le saurait ;)
        Je m'attends à vivre de sacrés trucs cette année. Si je ne me fais pas bouffer par un tigre ou dévaliser dans une sombre ruelle de Kuala Lumpur, je risque d'apprendre beaucoup sur moi-même à Tokyo. Quel que soit le pays où je serai, je vais vivre des trucs incroyables. Et j'ai juste hâte de voir à quoi vont ressembler les sentiers de la jungle malaisienne et les boulevards tokyoïtes...

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J'avais juste envie de la mettre...

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26 août 2007

En attendant...

Juste les ressentis que j'ai écris sur un cahier, pendant mon séjour à la yourte. En attendant de vous présenter tout ça avec plein de détails :)

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Dimanche 5 août - Fin de l'avant-midi

    Je suis bien. Et c'est tout. Je suis ici depuis 40h mais le temps a perdu de son importance. C'est comme si j'avais toujours connu cet endroit, comme si c'était tellement une place où je devrais être que je suis "rentrée" dedans très rapidement. Mélange de mon enfance, de la vie dans les bois, d'authentique, d'essentiel... Pas de pensées inutiles, pas de questions incessantes : ici tout paraît simple, on se satisfait de vivre le moment présent. Et si on pense à demain, c'est sans trop d'anticipation. Après tout... on en reparlera demain :)
    Peut-être que c'est parce que j'y retrouve des bouts de mon enfance à Bois-le-Roi ? Mon esprit redevient peut-être celui d'un gamin qui a oublié ses préoccupations et ses peurs d'adulte. Alors il joue avec le présent, en laissant aux autres le soin de se faire du soucis pour rien.
    Merci vous trois, d'avoir inventé cet endroit !

Lundi 6 août - Fin de l'après-midi
    Séb qui m'apprend à jouer une valse à l'accordéon, les touches que je cherche du bout des doigts, les cafouillages, O bella Ciao... Pendant ce temps, Yannick qui ramasse ses pommes de terre : on est passé en mode "racine" depuis 16h, selon le calendrier lunaire, alors c'est le moment... Je le vois qui s'active, vêtu seulement de son fin pantalon rouge, au milieu des plantes. Et Oliv qui ramasse ses herbes comme toujours, par-ci, par-là...
    Yannick qui m'apprend à faire de la percu, sourit quand je chiale, m'encourageant presque en silence, préparant du thé. Ces notes de guitare que j'essaye de retrouver et qui m'échappent toujours...
    Mais ce qu'il y a de plus fort ici, ce sont les sourires et les regards. Ceux de Yannick surtout, parce que le sien a le pouvoir de me faire sentir en harmonie avec lui et avec moi-même. Mais c'est tout aussi valable pour Séb, Oliv, Dod... Avec eux, on ne se sent pas jugé. Sans miroir, on oublie de se lamenter sur notre physique. Et pour tout le reste, il y a ici tellement de bienveillance qui flotte dans l'air : on peut juste se sentir en confiance. On fait des erreurs, comme eux. On veut parfois être seuls, se lever tôt ou tard, ne rien faire, se laisser aller à reprendre de ci ou de ça. Ou, au contraire, on se retrouve soudain sur la même énergie et on est accordé. Mais, accordés ou pas, on accepte les rythmes et envies de l'autre, car ils varient comme les nôtres peuvent varier. Et accepter les autres et s'accepter soi-même vont de pair : l'un ne va pas sans l'autre...
    Je me rappelle ce sourire le matin où Yannick et Johan sont revenus de leur nuit de retrouvailles. Quand, occupé à faire du thé, on se retourne en même temps, les regards se croisent, les sourires éclosent et l'air vibre en harmonie une fraction de seconde.
    Ces mûres que l'on s'offre, ces plante anti-bronchite qu'Oliv est parti me chercher, les pantalons que je recouds, les bougies que l'on s'allume, les verres que l'on se donne sans poser la question mais parce que c'est tout naturel, ces instants de silence qu'on partage, avec les sourires qui naissent et dont les souvenirs restent à flotter dans l'atmosphère. C'est leur magie à eux...

Jeudi 9 août - Milieu de l'après-midi
    On va partir à Machi. La route est un ruisseau, la rivière a atteint le bas des marches, mon lit a déménagé pour cause de fuites intempestives : il pleut. J'ai le pantalon de Séb, les chaussettes de Yannick, les chaussures de Bendi... Il faudrait aussi que je répare un peu ce vélo qu'ils me prêtent...
    Tantôt, on est partis rejoindre Bendi dans la 2è yourte pour une partie de Carambole et on s'est finalement retrouvé à manger des nouilles. Mon bol devant moi, j'ai eu une impulsion : celle de joindre les mains, de m'incliner en disant à Bendi "merci pour le repas". Ca me semblait tout naturel. Le livre de Yannick doit avoir son influence. Ou c'est mes vies d'avant, en Asie, qui ressortent... J'ai l'impression d'entrer dans un monde où le partage et la bienveillance sont aussi naturels que le fait de respirer...

Samedi 11 août - Début de soirée
    Je me sens étrangère, déconnectée. Ces gens doivent me voir comme une excentrique un peu pouilleuse mais ce sont eux qui me semblent étranges. J'ai l'impression de les voir s'agiter sans raison, à pelleter des nuages. Ils semblent courir mais sans savoir après quoi.
    Je croyais que je n'allais pas pleurer. Ces jours à la yourte se sont ancrés dans mon coeur et je pensais les emmener, un souvenir vivant à l'intérieur de moi. J'ai eu l'impression que ça n'était qu'un au revoir, que j'allais revenir demain. Et là, enfermée dans cette boîte de métal, je me sens coupée, déchirée, et j'ai mal physiquement dans la poitrine. Les gens autour de moi m'oppressent. Moi qui me sentait si forte, si optimiste et insouciante, avec Yannick et Oliv, voilà que je me sens petite et perdue. J'ai besoin d'espace, de retourner dans le champ, de ré-entendre rire ce pic, de sourire au bonjour des feuilles, de m'ouvrir au vent et sentir la vie autour de moi. Je suis entourée d'humains mais ils me semblent morts. Vivement que j'arrive à la maison avant de redevenir comme eux...

    Je commence enfin à savoir où est ma place. Dans le monde matériel, j'évolue comme un poisson dans l'eau : j'y ai grandi. Mais quand je l'ai quitté et que je dois y retourner, j'en souffre, j'ai du mal à retrouver ma place. Alors que dans ce monde plus spirituel, je me sens en accord. J'y plonge, comme si je me retrouvais, je m'y installe. Je ne sens pas le besoin de m'y adapter parce que tout est déjà à ma mesure. Quelque part, c'est mon monde. C'est là que je dois finir, je suppose, lorsque mon évolution sera assez avancée... Bien sûr, je n'y ai jamais vécu assez longtemps pour en appréhender toutes les réalités. Mais il faut essayer. Sinon on avance pas... On dit que ceux qui font évoluer le monde sont ceux qui ne s'y adaptent pas : parce qu'alors, ils adaptent le monde à eux. Cette gang est de ceux-là.

    J'ai l'impression que mon coeur s'est aggrandi. J'ai un sentiment d'appartenance, pas seulement avec les gars mais avec toute la vie qui m'entoure. Il me semble que je ne me sentirai plus jamais seule... Je suis connectée à ce qu'il y a autour de moi, j'ai comme fait un branchement à l'intérieur de moi-même qui m'a ouvert une nouvelle vision. Je me sens capable de parler à un arbre, de communiquer avec le vent, de dire "la pluie est mon amie" ou "cette forêt ne veut pas que j'y rentre" sans me sentir ridicule. Donner de l'amour suffit à rendre heureux... Je ne sais pas pourquoi je souris autant quand le vent souffle ou quand je me fonds dans un arbre, ou quand je ferme les yeux. Est-ce que je reçois quelque chose qui me rend heureuse ? Il me semble que ce sourire, immense, doit bien avoir une origine d'ailleurs, parce que le monde humain a bien du mal à le faire naître, ce sourire-là...
    Est-ce que c'est une évolution chez moi ou juste l'énergie du lieu ? J'ai eu l'impression d'être sur le bord de réussir à communiquer avec la Terre, à entrer en contact avec elle. Il me semble soudain que Yannick était un canaliseur, que c'est lui qui permettait à mon talent de s'épanouir, d'agir. Est-ce qu'il a "juste" servi à le faire naître ou est ce que sa présence sera toujours nécessaire ? Je sais qu'il n'est pas unique, Yannick, mais...
    Je sens comme une résonnance entre lui et moi. Sur certains points, il me semblait avoir la même opinion, les mêmes réactions, les mêmes envies, réflexions, intuitions, le même ressenti. Des fois, je le savais rien par instinct, par ce qu'il dégageait à un moment précis ; d'autres fois, c'était par une phrase qu'il lançait mais qui aurait pu être la mienne. Et pourtant, il y avait aussi ces aspects où l'on était en opposition : lui calme et lent, moi en speed. Lui tourné vers son intérieur, moi sans cesse à parler aux autres. Lui instinctif et simple, moi très réfléchie. Lui perché dans un autre monde, moi les deux pieds ancrés dans le sol. Et ces oppositions, au lieu de nous éloigner, nous rapprochaient d'autant plus. On se complétait : le trait de l'un attirait celui de l'autre pour nous rapprocher tous deux d'un juste milieu.
    J'ai gagné en calme, en douceur, j'ai appris à être posée, à écouter mon coeur, à me laisser aller. Je ne sais pas ce que je lui ai apporté. Je pense l'avoir aidé à toucher du doigt des réalités, à se lancer dans des réflexions, j'ai sûrement mis des mots sur des intuitions qu'il avait. Mais, au final, c'est lui qui m'a énormément apporté. Il n'a pas seulement partagé sa yourte et ses repas, sa vie et ses amis. J'ai reçu de lui un soutien silencieux, des orientations, des nouvelles idées. Il me rassure. Et avec lui, le mot donner prend tout son sens. Parce qu'on sent l'amour qu'il porte aux autres, à la vie, et parce que dans tout ce qu'il partage on sent une grande douceur et une grande bienveillance.
    J'espère être capable de lui apporter autant qu'il m'a apporté, la prochaine fois. J'ai pris et c'était naturel. Il m'a donné, sans arrière pensées et sans attendre en retour. C'était l'ordre des choses. Aucune gêne, aucune arrière-pensée, juste le plaisir de participer à la bonne marche de l'univers. Si ce n'est pas moi, c'est quelqu'un d'autre qui le lui rendra. Et moi j'aiderai quelqu'un d'autre qui ne me donnera rien en échange. Le couchsurfing en philosphie de vie :) Mais pour le moment, j'ai juste un immense merci qui scintille dans le coeur et dont je n'arrive pas à exprimer toute la puissance...

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20 août 2007

Rencontre avec la Forêt...

S6300148        Jeudi soir, on finit par arriver à notre dernier bivouac : après un dernier col, le chemin descend dans une forêt de feuillus pour finir par déboucher dans une prairie d'herbe jaune, dans le fond d'un vallon. Sur la pente de gauche : une forêt de feuillus. Sur la pente de droite : une forêt de conifères. Je marche jusqu'à l'emplacement de feu en regardant à droite, la forêt est imposante, sombre...
      La lisière est nette, on voit parfaitement où commence la forêt. Sauf près du feu, à 10m des arbres... Là, la lisière est 2-3 mètres plus loin et deux grands conifères se tiennent dressés dans ce renfoncement. C'est par là que, naturellement, on entre dans la forêt pour aller chercher des pierres et du bois pour le foyer.
        J'étais sur le point d'y rentrer pour la 3è fois quand... je sais pas... j'ai senti que, non, je pouvais pas y rentrer. C'est comme "je sais qu'à la fin de mon bras y'a ma main", c'était aussi évident. C'était précisément là où commençait le renfoncement, à 2-3m de la lisière, devant les 2 arbres. Là j'ai eu le sentiment qu'ils formaient comme une porte. Fait que je restais là, à dire mon ressenti à ma mère, quand y'a eu deux flashs, à 10sec d'intervalle. C'était deux flash bleu pâle, qui ont illuminé juste les deux arbres de la "porte", comme s'ils brillaient de l'intérieur.
        Là, évidemment, je flippe ^^; La forêt me mettait full mal à l'aise, je sentais que j'avais pas le droit d'y rentrer et voilà-t'y pas que je voyais des flash que ma mère voyait pas... Ni une, ni deux, je suis retournée près du feu, pour m'éloigner du "mur" invisible. J'en parle à Evelyne et 10min plus tard, elle me dit vouloir venir avec moi. On s'approche donc de la "porte" et là j'avance. J'arrive à l'endroit que je croyais me rappeler et rien : il n'y avait pas de mur. Je me dis "chouette, c'est parti" donc je continue à avancer. Et en fait, si, il est toujours là, mais 2 pas plus loin, j'avais pas fait attention à sa position exacte. Après, je l'ai toujours ressenti là. Evelyne, elle, elle a rien senti, elle a continué comme si de rien n'était. Mais moi je bloquais. J'étais devant un mur. J'ai réussi à faire un pas en avant et j'ai capoté. Y'avait tout mon corps qui me disait "tu dois pas être là, recule". Alors je suis repartie...
        Peu après, j'ai vu Yannick qui installait ses affaires à l'intérieur de la forêt, une centaine de mètres à droite de la "porte". Je me suis dit qu'il devrait pas, qu'il allait déranger la forêt (ha oui, déjà à ce moment, je la sentais comme une entité, un être vivant à part entière, et que c'était elle qui m'avait empêché d'entrer).
        Mais vu comme c'était visible que ça ressemblait à une porte, là-bas, j'me suis dit que le mur serait peut-être différent ailleurs. Fait que je suis allée vers le campement de Yannick et là, le mur était beaucoup plus faible, je sentais juste une légère appréhension en passant mais rien de plus. Alors je suis rentrée dans la forêt, j'ai monté une centaine de mètres et je me suis assise. Je voulais "parler" à la forêt. J'ai fait comme une méditation : j'ai fermé les yeux, me suis concentrée sur ma respiration et j'ai parlé à voix haute. J'ai dit qu'on ferait attention à ne pas la déranger, qu'on ne couperait pas d'êtres vivants à l'intérieur de la forêt, que je lui demandais humblement de nous permettre d'entrer dans ses limites.
        Pendant tout mon monologue, j'entendais comme des bruits de pas autour de moi. Mais quand je rouvrais les yeux, les bruits de pas s'arrêtaient. Je voyais juste des mouvements rapides à la limite de mon champ de vision, qui s'arrêtaient si je me tournais dans cette direction.
        J'avais une impression bizarre aussi. C'était comme si toute la forêt respirait la nostalgie, la tristesse, la solitude.

        Je suis redescendue, beaucoup plus calme, vers la porte. Là, je me suis allongée par terre, les bras en croix, à regarder le ciel tout sombre (il devait être 21h). Et le sol s'est mis à chauffer... Oui, je sais, c'est aussi farfelu que le reste. Mais j'ai senti dans mon dos et ma tête que le sol chauffait, chauffait. Ca chauffait tellement que mon cou a commencé à ressentir la chaleur aussi. Finalement, ça brûlait presque et j'ai failli me lever, avant que ça ne devienne trop fort. Et alors ça a rediminué, c'est devenu très faible. Quand je me suis rassise, le sol était froid.

S6300130        Finalement, en revenant près du feu, j'ai testé le mur : il m'acceptait. Je le sentais toujours au même endroit mais il ne faisait plus de barrage.

    La "présence" de la forêt était toujours là mais j'avais l'impression qu'elle m'accueillait. C'est comme si elle souriait, à présent. Je voyais les arbres dont les sommets se balançaient avec le vent et, pour moi, la forêt était devenu légère.

La forêt est à ma droite, on en voit quelques conifères à gauche des feuillus. Nos affaires sont  par là-bas,  à 5m à l'intérieur de la forêt.

        Alors j'ai décidé d'aller dormir dans la forêt, avec Yannick. Je me suis installée dans un endroit que 4 arbres avaient l'air de délimiter. Et j'y ai super bien dormi. J'ai crevé de chaud, ces deux nuits-là, assez étrangement. J'entendais toujours des bruits de pas, parfois. Le dernier soir, je suis partie me coucher 15min après Yannick. Je tatonne vers mon sac et je l'entends qui se redresse :
    - Tu arrives seulement, là ?
    - Heu... Ben oui...
    - T'étais pas là, juste avant ?
    - Heu... Ben non...
    - Ah... Mais j'ai vu une grande forme noire, comme un humain, près de tes affaires, y'a 3 minutes...
    (Et tout le monde était au lit... Va savoir ce que c'était !)

       
        Catherine, celle qui "entendait" les esprits de la nature, m'a dit le vendredi matin "j'ai rencontré le gardien de la forêt, ce matin. Je crois qu'il est venu pour toi". Moi, j'hésitais entre l'incrédulité (des esprits de la forêt ? Mais c'est pas possible !) et un sentiment d'appréhension (Mais... Il me veut quoi, ce gardien ?)
        Au final, comme elle m'a montré comment elle sentait les fées et tout, j'ai décidé d'essayer dans la forêt. Je suis allée à mes affaires, me suis installée et j'ai "demandé" à l'esprit de la forêt s'il acceptait de venir me parler. J'avais à peine fini ma phrase que je me suis mise à trembler comme une feuille. J'ai levé la main, pour voir si je le "sentais", et elle s'est heurtée à un vrai mur en face de moi. Je savais que si je voulais l'avancer, par volonté, je pouvais. Mais je savais aussi qu'elle "devait" s'arrêter là. Alors j'ai essayé de suivre la forme du "gardien" et il était plus grand que moi d'environ 20cm, large d'un mètre environ, et son énergie était super forte.
        Je lui ai demandé si on l'avait dérangé. Oui. Beaucoup ? Non. Surtout Yannick et moi, mais il nous en voulait pas. Ce n'était pas lui qui avait fait les lumières bleus le jeudi soir (j'en aurais mis ma main au feu, pourtant) mais c'était un signe pour me dire que je pouvais rentrer, les forces que j'avais senti n'étaient pas malveillantes. Je devais aussi aller méditer un peu dans la forêt, assez loin, pour trouver des réponses sur moi. Pour finir, je lui ai demandé de continuer à veiller sur Yannick et moi (ha tiens, finalement... la forme noire que Yannick a vu, c'était quelques heures après...). Je suis allée dans la forêt, loin, pour réfléchir. Et j'ai "décidé" de croire en tout ce que j'avais ressenti.

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17 août 2007

Petite précision

A ceux qui trouveraient qu'un certain prénom arrive très souvent :

    Non, je ne suis pas amoureuse de Yannick. Je ne le considère pas comme un ami (au sens "traditionnel" du terme), mais comme quelqu'un à part : il est plus important qu'un ami... Il m'attire comme un aimant, c'est inconscient. Mais j'en suis pas amoureuse, c'est... autre chose. J'arriverai pas à définir. Anyway, il est full important, à mes yeux...

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